Article AADB 31

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Article AADB 31

Message  canapass le Mer 12 Déc 2012 - 8:36

Aujourd’hui, impossible d’évaluer les conséquences de la catastrophe de l’amiante.

On estime en France à 100 000 le nombre de morts potentiels causés par l’amiante, considérée par certains comme un des plus grands scandales de santé publique de notre époque avec le sang contaminé.

La France interdit l’amiante depuis quinze ans (1er janvier 1997) mais d’autres pays l’utilisent ou l’exportent encore massivement, notamment en Asie.

Avec la mise en examen de Martine Aubry, le scandale de l’amiante refait surface.

Où en est-on au niveau de l’application d’une réglementation souvent kafkaïenne?

Nous avons rencontré Gérard Centénéro, président de la fédération du Bâtiment de l’Ariège, car le bâtiment est une branche particulièrement exposée à l’amiante: «aujourd’hui la réglementation est draconienne. Les exigences de formation à la prévention des risques liés à l’amiante sont renforcées depuis l’arrêté du 23 février 2012»

Dorénavant, ces obligations ne concernent pas uniquement les entreprises spécialisées dans l’enlèvement de l’amiante, toutes les autres entreprises susceptibles de rencontrer de l’amiante et tous les travailleurs, qu’ils soient salariés, artisans, entrepreneurs, sont concernés par ce nouvel arrêté de formation, soit plus de 1,8million de personnes.

Et pour le seul secteur du bâtiment, le premier touché selon les institutionnels de la prévention, environ 300 000 personnes sont identifiées comme réellement exposées et doivent donc être formées en priorité.

«Nous sommes confrontés à deux cas de figure: les entreprises qui récupèrent et celles qui sont en contact avec l’amiante.

Selon la nouvelle réglementation, contenu, objectifs, durée et périodicité de recyclage s’ajustent suivant la nature de l’activité, le niveau de responsabilité, la qualification et l’expérience du travailleur.

Une fois que l’amiante est détectée, il faut la récupérer, l’encoconner et l’envoyer dans des filières de traitement spécifiques
» poursuit le président de la FBTP09, conscient du retard pris dans les formations.

Au printemps dernier, dans le cadre de la campagne nationale de la FBTP, une sensibilisation a été proposée aux adhérents de la fédération de l’Ariège afin de faire prendre conscience aux chefs d’entreprises et aux salariés des risques encourus face à l’amiante.

Paul Subra est expert immobilier depuis 2009. Il connait bien le dossier de l’amiante qui est devenue une de ses spécialités.

Il est également président de l’association «Aide et Défense du Bâtiment 31», ce qui lui permet d’être en relation avec les différents ministères (du travail, de l’écologie et du logement) en charge du dossier: «chacun sort son décret d’application sur l’amiante, les gens sur le terrain ne comprennent plus rien, on doit encore faire preuve de beaucoup de pédagogie»

Comment savoir si son logement présente des risques?

Depuis 1997, il est interdit d’utiliser de l’amiante mais avant cette date on ne s’est pas privé de le faire: flocages, faux plafonds, solvants ou peintures, on la retrouvait partout.

Les premiers cancers liés à cette fibre ont été recensés en 1965 (mésothéliome, cancer de la plèvre) sachant que le temps de latence est d’une trentaine d’années.

Aujourd’hui pour toute construction datant d’avant le 1er juillet 1997, le doute de présence d’amiante est permis (tous les bâtiments sont concernés, habitations, commerces, écoles, préfectures) et la recherche d’amiante est systématique et obligatoire en cas de vente ou de travaux.

Paul Subra est amené à intervenir avant travaux, et avant toute vente afin de réaliser les repérages amiante: la liste A ne s’adresse qu’aux flocages, calorifugeages, faux-plafonds. La liste B l’a complétée avec les dalles de sols et autres enduits. Enfin la liste C s’adresse aux colles, plâtres.

«On s’aperçoit avec le temps que l’amiante est partout, des particules de 0,3 mirons extrêmement volatiles. L’inhalation de ces particules est particulièrement dangereuse.

C’est pourquoi la réglementation prévoit le suivi et la surveillance de l’état de conservation des matériaux renfermant de l’amiante.

Aujourd’hui il est impossible de désamianter tous les bâtiments, il vaut mieux se concentrer sur la formation des professionnels du bâtiment et sur la surveillance des bâtiments amiantés
» reconnait l’expert.

En cas de présence d’amiante, le propriétaire est simplement tenu d’informer son acquéreur mais il n’est pas obligé de faire les travaux.

S’il décide de les réaliser, le maître d’œuvre devra faire intervenir des entreprises spécialisées dans le retrait-encapsulage de matériaux contenant de l’amiante (sous-section 3. Art. R.4412-114 du code du travail) ou des entreprises spécialisées dans les interventions d’entretien-maintenance sur matériaux contenant de l’amiante (sous-section4. Art. R4412-139 du code du travail).

«Un mode opératoire particulier doit être mis en place afin d’éviter toute pollution et depuis le 1er janvier 2012, un bordereau de suivi des déchets permet une certaine traçabilité […]

Une alvéole spécifique permet d’accueillir à la SOGRA 500 tonnes de ces déchets tous les ans et une usine à Tarbes est chargée de les traiter… on les brûle pour les rendre inertes
»

Selon l’expert tous les décrets sont sortis, il suffit à présent de les mettre en application et de veiller à ce qu’ils soient correctement appliqués sur le terrain, notamment en intensifiant les contrôles.

Le dossier de l’amiante n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui.

Paul Subra (Agence CANAPASS)
13, rue St Jammes 09000 Foix
05 61 05 84 45
(Ouvert le matin et sur rendez-vous l’après midi)

Pour en savoir plus:
www.amiante.inrs.fr
www.andeva.fr
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